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Étude de cas · Biochimie alimentaire & valorisation

Potentialités nutritionnelles des résidus issus de la transformation de la pomme de cajou : effet de la cuisson

Caractériser un coproduit peu exploité et déterminer comment le cuire sans effacer son intérêt nutritionnel.

Tourteaux séchés de pomme de cajou utilisés pour produire la farine étudiée
Résidus séchés de pomme de cajou · matière première de l’étude
Cadre
Master 2 · Biochimie et Sciences des Aliments
Période
2019 · soutenance en janvier 2020
Sites
LABSA · Université FHB / usine-école INP-HB
Matière
Farine de tourteaux de pomme de cajou

01 · Le point de départ

Le jus est valorisé. Le résidu, beaucoup moins.

La pomme de cajou est une matière première abondante, mais fragile et encore largement sous-exploitée. Sa transformation en jus génère des tourteaux qui représentent environ 20 % de la masse du fruit.

Le travail a cherché à savoir si ce résidu pouvait devenir un ingrédient alimentaire. Avant toute formulation, il fallait comprendre sa composition et mesurer l’effet de deux modes de cuisson sur ses nutriments et ses oxalates.

Pommes de cajou utilisées comme matière première
Pommes de cajou · photographie issue du mémoire.
Anatomie de la pomme de cajou et de sa noix
La pomme, le pédoncule charnu et la noix de cajou.

02 · Transformer le résidu

Passer du tourteau humide à une farine analysable.

Les pommes récoltées à Yamoussoukro ont été transformées à l’usine-école de l’INP-HB. Le protocole sépare d’abord le jus, puis stabilise et homogénéise la fraction solide.

01

Trier & laver

Sélectionner les pommes de cajou et éliminer les impuretés avant transformation.

02

Presser

Extraire le jus et récupérer le résidu solide produit par cette opération.

03

Sécher

Stabiliser les tourteaux par séchage électrique ou solaire.

04

Broyer & affiner

Transformer le résidu sec en une farine homogène prête pour les essais.

Tourteaux de pomme de cajou après séchage
Tourteaux après séchage, avant broyage et affinage en farine.

03 · Le plan d’expérience

Comparer la température, le temps et le contact avec l’eau.

Chaque essai portait sur 100 g de farine. Un échantillon témoin a servi de référence pour distinguer les effets des traitements des variations propres à la matière première.

Cuisson à l’eau · plan factoriel complet

3 températures × 3 durées

50 °C75 °C100 °C
2 min21 min40 min

Cuisson à la vapeur

100 °C × 3 durées

2 min21 min40 min

04 · Ce qui a été mesuré

Des analyses ciblées sur la qualité et la sécurité d’usage.

Les résultats ont été traités avec XLSTAT 2014, puis comparés par analyse de variance et test de Newman-Keuls au seuil de 5 %.

01

Paramètres physico-chimiques

pH, acidité titrable, matière sèche et cendres pour suivre l’effet global des traitements.

02

Sucres

Dosage des sucres totaux et réducteurs par la méthode à la liqueur de Fehling.

03

Lipides

Extraction au Soxhlet pendant sept heures avec de l’hexane.

04

Oxalates

Dosage par titrage au permanganate de potassium afin de suivre cet antinutriment.

05 · Les résultats utiles

Le meilleur traitement dépend du compromis recherché.

L’objectif n’était pas de désigner une cuisson parfaite, mais d’identifier celles qui préservent le mieux la composition tout en réduisant un facteur antinutritionnel.

Vapeur

Des paramètres mieux préservés

La cuisson à la vapeur a globalement moins perturbé les caractéristiques physico-chimiques que la cuisson dans l’eau.

50 °C · 21 min

Le meilleur compromis dans l’eau

Ce barème a conservé des valeurs proches du témoin pour plusieurs paramètres nutritionnels.

≈ −50 %

Une baisse des oxalates

La cuisson à l’eau a réduit la teneur en oxalates, avec un minimum mesuré à 440 mg/100 g pour l’échantillon G.

06 · La décision expérimentale

21′

La vapeur à 100 °C pendant 21 minutes est le compromis général proposé.

Cette condition préserve mieux les paramètres physico-chimiques en évitant le contact direct avec l’eau. Pour une cuisson dans l’eau, 50 °C pendant 21 minutes constitue l’alternative la plus intéressante : elle conserve des caractéristiques proches du témoin tout en diminuant les oxalates.

Ces conclusions sont des orientations issues de cette étude. Elles demandent encore des essais de formulation, une caractérisation plus large et une validation sensorielle avant application à un produit alimentaire.

07 · Les perspectives

Faire de cette farine un ingrédient, pas seulement un résidu caractérisé.

01

Compléter le profil nutritionnel et antinutritionnel de la farine.

02

L’incorporer dans des pâtes, farines infantiles ou bouillons.

03

Évaluer la texture, le goût et l’acceptabilité avec des panels sensoriels.

04

Relier le barème de cuisson au produit final et à ses contraintes de fabrication.

Cette étude de cas est construite à partir du mémoire de Master 2 de Jonathan Beugré : « Potentialités nutritionnelles des résidus issus de la transformation de la pomme de cajou (Anacardium occidentale) : effet de la cuisson », Université Félix Houphouët-Boigny, année universitaire 2018–2019.

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